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Ce soir ce billet est une douce reconnaissance

à un auteur peu connu, c’est un peu comme un frère.

Il se prénomme Fabrice, il n’habite plus la vie d’ici mais j’écris

« se prénomme » car notre vie l’abrite toujours.

Sans cesse en quête spirituelle, il écrit ce texte qui rend grâce à Mani,

 fondateur d’une religion antique et penseur engagé.

Je sais que Fabrice est au Jardin des Poètes en train de parler avec lui,

 je sais aussi qu’il est une part manquante à ses plus proches.

Il me vint cet écho pour toutes les mères à qui le désordre de la vie retire

leurs enfants, qu’elles leur aient donné le jour, ou non.

 

 

 

 

 

DSC04175.JPG 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mani

 

 

 

 

  

 

  

Enfant du pays de Babel

Fils de Patig, enfant de celle

Aux bras de qui t’ont arraché

Ces fous de Dieu, de vérité

Peintre boiteux des palmeraies

Du roi des rois le conseiller

Tu sus convaincre une Zénobée

Et devenir le messager

 

  

Mani-Hayy

Ton jardin de lumière…

Mani-Hayy

Qu'avons-nous fait ?

 

  

Toi le médecin, le messager

On dit de toi que tu étais

De Jésus l'un des apôtres

Un disciple de Zoroastre

Bouddha d’un pays lumière

Comme les fleuves vont à la mer

Mille sagesses passeront par toi

Pour n'être plus qu'une seule voix

 

  

Mani-Hayy

Ton jardin de lumière…

Mani-Hayy

Qu'avons-nous fait

 

  

Pèlerin sans but tu cheminais

Mais il fallu pourtant rentrer

Faire tes adieux, les préparer

A préserver la vérité

Dernier voyage à Beth-Lapat

Ultime étape, dernier combat

Ceux qui t'envient d'être l'élu

Lâcheront leurs chiens en pleine rue

 

  

Mani-Hayy

Ton jardin de lumière…

Mani-Hayy

Qu'avons-nous fait

 

 

 

 

 

  

Fabrice, auteur.

(Texte protégé de la copie)

  

  

 

 DSC04161.JPG

 

 

 

 

 

 

 

Comme un écho, la mer

 

 

 

 

 

 

Incomparables ces moments doux passés avec toi

Que ma chair ne passe pas

Comparables

A l’incandescence à deux doigts

D’attiser le bûcher où l’on jeta

La pureté vive hors de toi

Tu as comparu devant la chienne loi

Blême tu as pâli encore

A la vue des failles obscures

Où tu devais te faire ouvrière de toi-même

Jetant la chaux vive sur tes pleurs

La musique d’un piano parfois rédempteur

La fierté de l’Art d’habiter en ce cœur

Le digne don de ce regard ce pont

Le pont entre les continents et l’océan que traversera

La lame de fond l’horizon

De soi trop longuement

Mis à l’écart de l’écrin du temps

Sur l’arche solide et ivre

Tu es l’otage involontaire d’un monde à part

Où tu attends que l’apaisement ne s’évanouisse pas

 

 

 

« Tu apparais dans la brume de mes pas

Plus clair que l’aube où tu es né

Hors de ma portée Tu

Et j’oscille entièrement entre ta paix et mon manque »

 

 

 

Les rêves pourtant les plus simples n’appartiennent pas à la réalité

 

 

 

  

Alors    « Pèlerin sans but tu cheminais »

Jusqu’à l’enfant qui ce soir pleure un point de côté sur la droite infinie

S’étirant jusqu’à tes cheveux en chagrin d’argent

Tu marches sur les loasées de ton sang sensuel

Où repose le ventre amputé de ta féminité

Tu soupires entre les filaments de tes cils

le vent qui ploie ton regard

vers la tombe de ceux qui aiment librement

 

 

 

Elle marche dans des traces de pas abondants de vide

Désire le chant du fils sans y croire marche encore vers

L’écume d’un coucher qui vient s’étouffer dans l’onde

La mère la mer pénètre la terre où la tombe est là pour rien

Au monde elle est leur flanc

A flanc de terre de mère ce flanc broyé par l’inadvertance de la vie

Parfaite la mer ne flanche pas

Défie le blanc de la perfection

Défie la hanche qui l’a vu naître

Défie le creux du ventre soustrait 

Au féminin pluriel

 

 

 

Ecarte le rideau de la nuit apprend avant d’ ivre-vivre

Les vagues allantes venantes qui savent

Ce qu’il faut taire et prier

Pour être encore Être sous la protection d’une patience mutine

 

 

 

Vaine patience qui sait faire sans te brusquer elle te prend

Elle inonde sa paix dans ta gorge hurlante

Elle fait sa louve se lovant sous ton pouls

Là où il n’y a plus d’instants

 

 

 

Les rêves pourtant les plus simples n’appartiennent pas au monde réel

 

 

 

Alors -moi particule de  Voca me  je chante

Je suis ton silence intérieur après ta pluie

Je berce ton ventre commotionné

Je te retrouve au comble d’un nous sans t’avoir connue

Je ne peux rien en cet automne morne que d’attendre

A ton flanc que s’enflamme l’ange

Sorte de moine à part liant

Dieu et dieu comme Mani

Qu’il joigne femme et enfant

Entre faille et puits

L’ange fleurissant « Ton jardin de lumière… »

Lui seul veille sur l’épanouissement de ta pluie

 

 

 

 

 

 

Martine

 

 

Photos : F.R., l'océan de Fabrice.

 

Note : dans «  Les jardins de lumière », Amin Maalouf raconte la vie de Mani, qui a écrit :

 

 

«  Aux commencements de l’univers, deux mondes existaient, séparés l’un de l’autre : le monde de la Lumière et celui des Ténèbres. Dans les Jardins de Lumière étaient toutes les choses désirables, dans les ténèbres résidait le désir, un désir puissant, impérieux, rugissant. Et soudain, à la frontière des deux mondes, un choc se produisit, le plus violent et le plus terrifiant que l’univers ait connu. Les particules de Lumière se sont alors mêlées aux Ténèbres, de mille façons différentes, et c’est ainsi que sont apparus toutes les créatures, les corps célestes et les eaux, et la nature et l’homme…En tout être comme en toute chose se côtoient et s’imbriquent Lumière et Ténèbres. Dans une datte que vous croquez, la chair nourrit votre corps, mais le goût suave et le parfum et la couleur nourrissent votre esprit. La Lumière qui est en vous se nourrit de beauté et de connaissance, songez à la nourrir sans arrêt, ne vous contentez pas de gaver le corps. Vos sens sont conçus pour recueillir la beauté, pour la toucher, la respirer, la goûter, l’écouter, la contempler. Oui, frères, vos cinq sens sont distillateurs de Lumière. Offrez-leur parfums, musiques, couleurs. Epargnez-leur la puanteur, les cris rauques et la salissure. »

 

 

Source :

 

 http://latrace.wordpress.com/2011/03/03/les-jardins-de-lumiere-damin-maalouf/

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #comme un écho

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