Enflammée par ces 3 mouvements du concerto n° 2 de S.Rachmaninov
" La musique ne nous donne pas la béatitude des dieux, mais elle peut, elle le médicament de la tristesse et le consolament de l'affliction, rallumer en chaque homme, pendant un instant, l'étincelle de joie, faire de chaque homme un demi-dieu. (…) Elle nous découvre à nous-mêmes notre joie profonde, notre joie ignorée, méconnue, notre joie essentielle dissimulée sous les soucis et recouverte par les passions mesquines ; elle nous donne, comme ces chants de purification dont parle Aristote, la joie sans dommage."
Jankélévitch, La Musique et l'ineffable
I. Maestoso
II. Adagio sostenuto
III. Allegro scherzando
le silence à portée
au final tu
entendras
ce qui
tombe du ciel de tes yeux
Note:
Rachmaninov compose ce concerto passionné en 1900. Il a dû affronter les disparitions rapprochées de deux êtres chers, son maître et modèle Tchaïkovski, et son ancien professeur Zverev.... une rupture amoureuse peut-être aussi.... Son élan créatif est au plus mal. Il fait heureusement en cette année-là, la connaissance d'un neurologue, le Dc Dahl ( à qui cette pièce musicale est dédiée ), qui va le suivre chaque jour plusieurs mois durant, puis se remet à composer avec ce second concerto. Il sera à la fois pour lui rédempteur, catalyseur de créativité, et lui apportera une reconnaissance internationale. Le premier mouvement est encore sombre et secret. Ensuite, l'enchantement de la renaissance artistique captive toutes les tessitures.
Peinture: Bertrand Lavier, Piano à queue Steinway & Sons, 1987