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L'atelier Poésie de Martine Cros


Lorelei - Sylvia Plath

Publié par http:/allerauxessentiels.com/ sur 10 Janvier 2018, 00:01am

Catégories : #Extraits - Ressentis de lectures, #Sylvia Plath, #Poésie de langue anglaise

Lorelei - Sylvia Plath

 

 

 

Lorelei


 


 

Pas une nuit pour se noyer :

La pleine lune s'écoule sur le fleuve

Noir sous le doux miroir de l'eau,


 

Les brouillards nocturnes s'abattent

Volute après volute comme des filets de pêche

Bien que les pêcheurs soient couchés,


 

Les tourelles massives du château

Se dédoublent dans un miroir,

Immobilité. Cependant ces formes flottent


 

Vers moi troublant la face

Du silence. Venant des profondeurs

Elles s'élèvent, membres grevés


 

De richesse, cheveux plus lourds

Que du marbre sculpté. Elles chantent

Un monde plus plein et plus net


 

Qu'il est possible. Soeurs, votre chant

Pèse d'un poids trop lourd

Pour la spirale de l'oreille qui écoute


 

Ici, dans ce pays bien gouverné

Par un monarque équilibré.

Dérangeante harmonie


 

Au-delà de l'ordre du monde,

Vos voix m'assiègent. Vous logez

Sur les récifs escarpés du cauchemar


 

Promettant un havre sûr ;

Et le jour, un déchant aux frontières

De l'hébétude ou à la corniche


 

Des hautes fenêtres. Pire

Même que votre chant qui rend

Folle, votre silence. À la source


 

De votre appel qui glace le coeur –

Ivresse des grandes profondeurs,

Ô fleuve, je vois dériver


 

Dans le lit de ton flot argenté

Ces grandes déesses de paix.

Pierre, pierre, fais-moi couler tout au fond.


 


 

 

*

 

 

 

Sylvia Plath, Lorelei, in LE COLOSSE --- 1960,

in Oeuvres,

poèmes, roman, nouvelles, contes, essais, journaux,

Édition établie et présentée par Patricia Godi, annotée par Patricia Godi et Patrick Reumaux, Quarto / Gallimard, 2015, pages 225-226.

Pour LE COLOSSE : traduction de l'anglais et notices par Patrick Reumaux, présentation de Patricia Godi.


 



 



LORELEI

Poème écrit en 1958. (…)
Sujet suggéré par l'esprit nommé Pan au cours d'une séance avec la planche ouija le 3 juillet :  « Parmi toutes ses remarques pénétrantes, Pan a dit que je devrais écrire un poème sur les « Lorelei » parce qu'elles sont « de ma famille ». Et aujourd'hui pour m'amuser c'est ce j'ai fait, en me souvenant de la complainte allemande que notre mère jouait et chantait pour nous, et qui commençait pas « Ich weiss nicht was soll es bedeuten... (1)». Le sujet m'attirait à double (ou triple) titre : la légende allemande des sirènes du Rhin, le symbole d'une enfance océane, et le désir de mort induit par la beauté du chant » (J, 4 juillet 1958).



In Notices, p. 268


(1). « Je ne sais ce que cela signifie... », c'est le premier vers de la Lorelei (1824) de Heinrich Heine. [AvdS]

Sylvia Plath in New York, June 1958. She is pictured at the apartment of Oscar Williams, whose archive it was recently found in at Indiana University. Photograph: Courtesy of The Lilly Library, Indiana University, Bloomington, Indiana.

Sylvia Plath in New York, June 1958. She is pictured at the apartment of Oscar Williams, whose archive it was recently found in at Indiana University. Photograph: Courtesy of The Lilly Library, Indiana University, Bloomington, Indiana.

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