Une écriture de feu et de sang que celle de ce poète; je découvre en ses mots une explosion poétique qui souffle loin la fadeur de certains jours, qui porte l'espérance de trouver, encore et toujours, un renouveau puissant dans la création.
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EXTRAITS
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Il nous fallut longtemps pour découvrir qu'une ombre
de sang, contenue dans les yeux d'une statue de sel, avait
la couleur du sable du sablier.
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JOURNAL II
...Un coup a la tête fit disparaître en moi les traces de
cette nouvelle saison de l'éternité.
Et déjà... Et déjà... Une joue faisait gonfler un vent
inusité. Et mon ventre ridé contenait à lui seul 700 à
800 millions d'années dont aucune peine capitale n'aura
jamais la fin.
Et quand tout fut consommé... consommé...
Alors le corps éclata derrière ses vitres rouges, n'atten-
dant plus l'aube qui doit renouveler la teinte de mort verdie
où la mer trempe ses silences.
Un oiseau revenu de très loin aborda la côte inconnue
dont le phare est à la pointe du soleil.
p.39
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UN SAFRAN DE MARS
Le maître de l'Amour se maintient au carreau de lune.
Ses yeux, tirés du blanc, découvrent l'ombre de Ce-qui-
n'est-pas.
"Donnez-nous, disait-on, ce qui manque à l'étincelle
pour faire du bois, ce qui manque à la rivière pour mouler
une forêt en feu ! "
La machine de l'Amour battait la campagne, hâtait les
saisons. L'échelle de son ombre dépassait l'horizon.
Il y est un soleil et quelques allumettes perdus dans la
boîte du vide...
Une étoffe avec la chair de l'oeuf.
Un grand rideau d'objets. Rien devant et tout APRES.
p.194
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3e NUIT
Tombeau, des années, fermé par les dents !
Dedans, les années aidant,
J'aggripais la pente, cherchant l'autre, l'aidant,
Remontant sa mémoire, injuste pour son corps,
Jusqu'à l'oiseau, impure infirmité d'efforts,
Aveugle dans les murs, le coeur aux pierrements,
Mais fort de toute la bouche qui me mange dedans.
p.206
3e JOUR
Dans ma tête, dans ma tête est la personne
Qui répond le plus au silence ;
Les mots viennent quand elle sonne
Sans que jamais bouge la balance.
Dans mon ciel est un corbeau
Aux ailes ouvertes de chaleur,
Derrière lui l'espace d'un caveau
Ferme une porte de voleur.
Et la caverne s'agrandit
Dans mes mains d'un peu d'une mer
Qui, penchée par-dessus bord, fuit,
Fuira toujours son vaisseau de terre.
Une main de verre la rejoint,
Dans ma fenêtre, lancée au galop
De toutes les plumes de son corbeau
Noirci de tout un pouvoir de chagrin.
p.207
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in:
Jean-Pierre DUPREY
Derrière son double
Oeuvres complètes
Préface d'André Breton
Edition de François Di Dio
nrf Poésie/Gallimard
Photo, in :
http://zazzetounmind.blogspot.fr/2012/04/jean-pierre-duprey-de-mains-et-de-lunes.html
/https%3A%2F%2Fwww.leshommessansepaules.com%2Fimages%2Fauteur_194.jpg)
Les Hommes sans épaules - revue de poésie
Jean-Pierre Duprey est l'une des comètes comptant parmi les plus magnétiques de la seconde moitié du XXème siècle. Poète, peintre et sculpteur, Jean-Pierre Duprey (né le 1er janvier 1930, à...
http://www.leshommessansepaules.com/auteur-Jean_Pierre%C2%A0DUPREY-194-1-1-0-1.html
" Poésie d'un jour " Diptyque photographique, G.AdC NAUFRAGE Sans doute la montagne a-t-elle Elle-même son silence ! les mots Sont des fleurs tombées dans un bain de sable ― Décombres sous le...
http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2012/05/jean-pierre-duprey-naufrage.html

