L’orage

 

 

 

*

 

 

 

L’aube grise opale lui tremble dans les mains 

Son âme ce dédale se cambre se survient en cette

étendue bleue étale au couteau de chagrin

 

 

Une seconde peau de bois rares

Une vive lumière volée

 

 

 

Douleur salle de bain  seul le miroir mire  ses

pleurs de lavabo sans qu’elle n’y puisse rien

Là où le bleu s’étend du pays de bohème aux

points de fuite il lui faut s’arrimer si éprise

qu’elle soit de la rive interdite

Longeant les coulées les chênaies elle cherche

un, deux points d’appui Point d’épines point de

mépris  Lacéré dans sa chair l’aubier ronce en

son imaginaire

Elle relève ses pas dans le cyan glacial  elle crie

aussi fort que sa voix lui paraisse inconnue  aussi

fort que ce chant féminin enflamme l’ultime

lambeau de rêve et la revête virginale

 

 

 

Dans le miroir les infimes poussières l’emparent

 

 

Elle voit de longs voyages blonds sur le radeau

délivrant s’éveille sur les troncs joints des

supplices  médusée d’inquiétude dans l’œil de la

tempête Elle voit l’immense mer et l’Atlantide en

fête  Voit l’immergé de la vague voit

comme la loi la noie

 

Hors d’elle sa peau libre se délite

 

 

 

Au cœur des jours trop calmes, son orage

 

 

 

Au cœur de la misère à lame d’échafaud  tangue

le radeau tangue le miroir aux alouettes  tanguent

les corbeaux

 

   

A l’aplomb du fil qui n’est pas l’horizon clair

tangue le bleu pays son étendard, brandi qu’il est

du ventre de ses barricades

Est-ce là qu’elle tombe sous le fer des brigades 

le drap blanc de la paix lui servant de linceul  est

-ce loin des musiques égéennes  qu’elle devra

s’allonger sur la peau de l’adieu

S’il fallait y passer soulever les paupières 

entrevoir son visage fier et soucieux  son regard

comblé d’espace et d’étreintes stellaires 

 

 

Serpentant les paupières, un battement de peu

 

 

Voir ses lèvres dire les versets de Virgile  voir ses

lèvres et gémir la bouche emplie de vide  Au

coin de la mer, une crique de rien

 

 

 

Elle dirait à sa joue le plus subtil baiser

 

Le monde entier y ferait pénitence

 

 

 

Aile, se connaît si peu, se tremble dans les mains

Pauvre nu vibrant Le creux de l’amour suffit

accueillant les falaises d’où son âme se jette Au

plongeon corolle la gravitation, change le

paradigme, se calice gracieuse la danse céleste

aux sons purs voilés et ondulants de la voix

méconnue

 

 

 

Elle s’épanche en ruisseau où personne n’a bu

 

 

A la chute des jours brûlants, à la mer, son orage

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Nouveaux temps

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