morandi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

***

 

 

 

   Ce soir, voici deux poèmes d’une amie qui m’est chère, Françoise RUBAN, moi, je l’appelle Francy….

    Dans Françoise, il y a la franchise de Fran… Je la sais diaphane et blanche comme l’eau des cascades.

   Il y a çoi comme la soie, la douceur, desquelles elle tisse ses mots, enrobant les douleurs de l’existence, mots qu’elle partage si joyeusement avec ses amis.

   Dans Ru, il y a tous les démunis dont le ru isseau de lassitude abreuve sa générosité ; dans ban, l’envie de s’asseoir, de chavirer la tête en arrière, de regarder l’oiseau, épousant son vol, à lui, l’élu qui a le recul céleste.

   Cette tendre réserve, je la retrouve dans le regard qu’elle porte aux choses et alentours dont elle pénètre l'aura franchement. Elle écrit, on la sent contemplative, soudain la lucidité s’empare d’elle : de son coeur crucifié, elle dégaine l’épée de la Justice.

   Sur cet embarcadère ascétique auquel la vie cruelle l’a agriffée, elle nous offre une voix nimbée de simplicité, un enrouement de sanglots retenus dans la pudeur, et nous conte comme, peu à peu, des paupières closes par l’amertume peuvent à nouveau contempler la beauté de la vie, et comme les mains se défont de leurs chaines par la grâce entre aperçue.

 

 

 

***

 

 

 

   J’accorde, à la suite, l’écho d’une mélodie de Satie, qu’elle aime, comme un remerciement….

 

 

 

***

 

 

 

Ton empreinte

 

 

 

Quelques pas dans le jardin ont suffi

Mon regard s'attarde

Sur des roses oubliées abandonnées

Les arbres nus dépouillés élancent vers le ciel blanc

leurs ramures décharnées

De rares feuilles s'agitent sous le souffle léger

 

Mon coeur s'envole s'envole...

 

C'était un soir d'été

Autour de la table de pierre

Tes cheveux bouclés tes yeux clairs au sourire malicieux

Nous étions tous réunis le vin un nectar

qui faisait pétiller les yeux et les paroles

La pénombre nous enveloppait à la lueur vacillante de la flamme

aux senteurs de citronnelle

Les îlots odorants et fluorescents de l'onagre

-nous l'appelions belle de nuit -

Les rires les paroles éclaboussaient le silence

Nous inventions des utopies

et refaisions le monde...

 

Solitaire ce matin j'interroge le ciel laiteux

Impassible et sourd

Et comme chaque jour depuis trois longues années

Je me plais à rêver

Et si tout là-haut dans cette immensité infiniment mystérieuse

Un petit prince

Aux yeux rieurs

Aux boucles blondes

Guettait mes promenades matinales...

 

 

Par une nuit claire

Scrutant la voûte étoilée

Percevrai-je moi aussi le rire cristallin d'une étoile

Mon Etoile

la plus lumineuse de toutes.

 

 

 

 

 

Françoise Ruban

jeudi 19 janvier 2012

(Copyright numéro 00051139-1) 

 

 

 

***

 

 

 

Eros et Thanatos *

 

·

Une dalle de granit

Sur laquelle j'aime me reposer

Quelques plantes déposées par l'Amour

Pour l'immortalité de ton séjour

Pour que tu n'oublies pas

Notre jardin sauvage véritable labyrinthe où tu te promenais

Absorbé et pensif

Une flore à la main

En quête à cet instant de ta vie

Du mystère des fleurs

 

Mes yeux s'enfuient au loin dans un brouillard profond

Et soudain se dessinent

Ton regard clair

Tes cheveux bouclés

Ton sourire tendre et malicieux

Dis-moi est-ce Toi

Qui m'envoies

Cette énergie de Vie

Ces désirs nouveaux

Ces mots qui s'échappent presque incontrôlés de mon âme

Comme une flamme qui jamais ne me brûle

Mais n'en finit pas de danser

Au rythme du piano retrouvé

Au rythme des marées

Au rythme des mots des mots qui jaillissent

Et se posent ici

A l'orée de mes nuits étoilées

 

La rumeur océane toute proche

Berce ton sommeil

Sur le sable mouillé tes traces embrassent mes pas

Ta Voix murmure et...

Un matin de novembre une autre Voix s'est mêlée

A ta Voix

 

Dis-moi est-ce Toi

Qui m'envoies cette lueur d'espoir

Ces frissons ces désirs qui m'envahissent

Chaque soir

Douceur d'un Amour qui jamais encore

Ne s'était révélé

Ou j'avais oublié

Ou je le refusais...

Antigone la rebelle avait renoncé

Devant la loi des Hommes

Elle avait abdiqué

Elle s'était recroquevillée

Créon trois fois vainqueur souriait de la voir pleurer

 

Une dalle de granit

Sur laquelle j'aime me reposer

Et bavarder avec Toi

 

 

 

 

 

Françoise Ruban 

le 28 mars 2012

(Copyright numéro 00051139-1)

 

 

 

 

 

 

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Giorgio Morandi, Natura Morta (Still Life),

1954,oil on canvas, 40 x 46 cm.

 

Giorgio Morandi, Bottiglie e fruttiera, 1916

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Artistes de mon coeur

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