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aller aux essentiels

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DLB VI ch 3

DLB VI ch 3

 

 

399px-Ajaccio_Veronese_Leda_et_le_cygne.JPG

 

 

 

 

______  sur la fontaine assise      je revêts l’eau  ______

 

jamais plus une aube  ______  ni le jour

 

_______  que vienne corrompre      l’Antédésiré  ______   

 

profonde moi  ______  chante ton exil

 

sur terre d’ambre et d’uranium  ______  teinte le ciel atone

 

apaise en prélude d’automne      tes déchiffrés  ______  tes doigts

 

sont ces amants      ces feuilles   ______    rien que des proies

 

doigts froids de fusils torturés  ______  vide ces outils

 

dans le fossé gouleyant du vin et de l’opium 

 

sculpte avec les yeux la solitude  ______  avec tes yeux seuls

 

ton île      la beauté  ______   seule  ______  sur hanche

 

laquelle hanche écope l’oubli des paroles mortelles

 

au front de ton naufrage originel  ______  le seul naufrage

 

qui baise la main de la vérité sous les langues de vipères

 

dors mon empoisonnée ______   mon éphémère

 

______  jamais plus une scène d’enfant bercera l’agonie ______

 

la beauté cueillera le fruit de l’étoile sur le radeau du ciel

 

______  nos rêves  ______

 

 

 

 

 

 

 

 

Tableau :  Véronèse, Leda et le Cygne, 1585, Musée Fesch  Ajaccio


Note : à propos de ce tableau, Philippe Sollers a écrit :

" …Ici, un aveu personnel : un des plus beaux tableaux du monde, érotiquement suggestif, a toujours été pour moi Léda et le cygne de Véronèse. On voit une splendide vénitienne nue avec bijoux, sur laquelle Dieu (pardon, Zeus) se dispose à opérer une pénétration profonde. Zeus, pour s’unir à une mortelle, s’est transformé en un magnifique cygne blanc, et déjà son bec jaune entre dans la bouche entrouverte de la voluptueuse pâmée (ce n’est pas tous les jours qu’on fait l’amour avec le Divin lui-même). Une reproduction de cette scène mystique m’accompagne depuis l’enfance. Je m’étonne aujourd’hui que Véronèse n’ait pas été davantage inquiété par l’Inquisition, les papes ont donc laissé passer ce genre de fantaisie hautement condamnable mais électrisante, d’un surréalisme rarement égalé. A vrai dire, les dieux grecs, et surtout les déesses,nous manquent, ils nous boudent depuis longtemps, ils ont fui loin de nous, et j’ai peur de me retrouver seul avec eux. Tant pis, je les garde. "

Philippe Sollers
Journal du mois, dans le JDD du dimanche 26 février 2006

glané ici