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Une encre de Cécile A. Holdban, poète, peintre (2017)

Une encre de Cécile A. Holdban, poète, peintre (2017)

 

 

 


Idea Vilariño


 

ULTIME ANTHOLOGIE


 

Éditions La Barque

juin 2017


 

Traduction de l'espagnol (Uruguay)

& postface Éric Sarner


 

Avant-propos Olivier Gallon


 

Inútil decir más,
Nombrar alcanza

Inutile de dire plus.
Nommer suffit

I. V.

Exergue, in postface d'Éric Sarner

 

 

 

La métamorphose


 


 

Donc je suis les pins

je suis le sable chaud

je suis une brise douce

un oiseau léger délirant dans l'air

ou bien je suis la mer qui cogne la nuit

je suis la nuit.

Donc je ne suis personne.


 


 


 

La metamorfosis


 


 

Entonces soy los pinos

soy la arena caliente

soy una brisa suave

un pájaro liviano delirando en el aire

o soy la mar golpeando de noche

soy la noche.

Entonces no soy nadie.


 


 


 


 

P. 21, et 86 pour la traduction


 

Une aquarelle de Cécile A. Holdban (2017)

Une aquarelle de Cécile A. Holdban (2017)

 

 

 

On est toujours seul

mais

parfois

encore plus seul.


 


 


 


 

Uno siempre está solo

pero

a veces

está más solo.


 


 


 


 

P. 23, et 87 pour la tr.


 

 

 

 

 

 

Comparaison


 


 

Comme sur la plage vierge

le vent plie

le mince roseau vert

qui dessine

dans le sable un cercle délicat

ainsi en moi

le souvenir de toi.


 


 


 

Comparación


 


 

Como en la playa virgen

dobla el viento

el leve junco verde

que dibuja

un delicado círculo en la arena

así en mí

tu recuerdo.


 


 


 

P. 32, et 91 pour la tr.


 


 



 


 

On cherche


 


 

On cherche

toutes les nuits

avec peine

au milieu de terres lourdes et suffocantes

ce petit oiseau de lumière

qui flamboie et nous fuit

dans une plainte.


 


 


 

Buscamos


 


 

Buscamos

cada noche

con esfuerzo

entre tierras pesadas y asfixiantes

ese liviano pájaro de luz

que arde y se nos escapa

en un gemido.


 


 


 

P. 43, et 98-99 pour la tr.


 

Une encre de Cécile A. Holdban (2017)

Une encre de Cécile A. Holdban (2017)

 

 

 


 

Peut-être


 


 

Peut-être que si tu avais vu Hiroshima

je veux dire Hiroshima mon amour

si tu avais vu

si tu avais souffert deux heures comme un chien

si tu avais vu

comment peut souffrir souffrir brûler

et se tordre comme ce bout de fer l'âme

arracher pour toujours le bonheur

comme peau calcinée

et tu aurais vu que pourtant

on peut continuer à vivre à être

sans que les plaies se voient

je veux dire

voilà

peut-être tu aurais cru

peut-être tu aurais souffert

compris.


 


 


 


 

Puede ser


 


 

Puede ser que si vieras Hiroshima

digo Hiroshima mon amour

si vieras

si soufrieras dos horas como un perro

si vieras

cómo puede doler doler quemar

y retorcer como ese hierro el alma

desprender para siempre la alegría

como piel calcinada

y vieras que no obstante

es posible seguir vivir estar

sin que se noten llagas

quiero decir

entonces

puede ser que creyeras

puede ser que sufrieras

comprendieras.

 


 


 

P. 48, et 101-102 pour la tr.

 


« Je mourrai de vie et non de temps. » Ces mots de César Vallejo, on les croirait écrits pour elle --- Ultime anthologie à l'épure sombre d'Idea Vilariño.

O. G.

Idea Vilariño à Paris, vers 1954 | Photo:  Michel Sïma, droits réservés.

Idea Vilariño à Paris, vers 1954 | Photo: Michel Sïma, droits réservés.

 

 

Mes chaleureux remerciements à Cécile A. Holdban pour avoir accepté avec enthousiasme d'accompagner ces extraits poétiques de ces encres et de cette aquarelle.

Tag(s) : #Extraits - Ressentis de lectures, #Idea Vilariño, #Poésie de langue espagnole, #Cécile A. Holdban

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