IV

 

Tu appuies ton visage sur la mélancolie et tu n'entends

même pas le rossignol. Ou est-ce l'alouette ?

Tu peux à peine supporter l'air, partagé

entre la fidélité que tu dois

 

à la terre de ta mère et au bleu

presque blanc où l'oiseau se perd.

La musique, donnons-lui ce nom,

a toujours été non seulement ta blessure, mais encore

 

ton exaltation au milieu des dunes.

N'écoute pas le rossignol. Ni l'alouette.

C'est en toi

que toute la musique est oiseau.

 

 

 

 

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Pages 12-13

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IX

 

Traverser le matin jusqu'à la feuille

des peupliers,

être frère d'une étoile, ou son fils,

ou peut-être père un jour d'une autre lumière de soie,

 

ignorer les eaux de mon nom,

les secrètes noces du regard,

les chardons et les lèvres de la soif,

ne pas savoir comment

 

l'on finit par mourir d'être une telle hésitation,

un si grand désir

d'être flamme, de brûler ainsi d'étoile

en étoile,

 

jusqu'à la fin.

 

 

 

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Eugénio de Andrade,

 

BLANC SUR BLANC

poèmes

 

Traduits du portugais

par Michel Chandeigne

Editions de la Différence - Littérature - Mars 1988 - Bilingue.

 

 

"Blanc sur blanc" est épuisé aux Editions de la Différence ; on peut le trouver cependant d'occasion. Il est disponible aux éditions nrf / Gallimard en poche, accompagnant "Le poids de l'ombre" et "Matière solaire".

"Blanc sur blanc" est épuisé aux Editions de la Différence ; on peut le trouver cependant d'occasion. Il est disponible aux éditions nrf / Gallimard en poche, accompagnant "Le poids de l'ombre" et "Matière solaire".

Source de la photographie : http://www.vallejoandcompany.com/el-sol-de-invierno-poemas-de-eugenio-de-andrade/

Source de la photographie : http://www.vallejoandcompany.com/el-sol-de-invierno-poemas-de-eugenio-de-andrade/

Tag(s) : #Extraits - Ressentis de lectures, #Eugénio de Andrade, #Poésie de langue portugaise

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