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Source : http://theconversation.com/amelia-rosselli-ou-le-mal-des-fantomes-50681

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Amelia Rosselli


 

LA LIBELLULE


 

Panégyrique de la liberté


 


 

traduction & postface

Marie Fabre


 


 

Ypsilon Éditeur, 2014


 

 

 

 

 

............................[...] Et qu'est-ce que c'est

cette lumière de la vérité si tu ironises? Rien d'autre

que la pauvre gage tu eus de mon coeur déchiré.

Jamais je ne saurai te regarder en face; ce que

je désirais dire s'en est allé par la fenêtre,

ce que tu étais c'était un autre bataillon que

je ne sais plus guerrer; donc quelle nouvelle liberté

cherches-tu parmi des mots usés? Pas la suave tendresse

de qui reste à la maison bien rencardé par ses hauts

murs et pense à lui-même. Pas l'oublivion usée

du géant qui sait ne pouvoir rimer qu'à l'intérieur

du cercle fermé de ses fréquentations désolées;

la lumière est une récompense de Dieu, et lui préféra la

revendre à la revoir salie par tes mains oublivionnées.

Je ne sais ce que je dis, tu ne sais ce que tu cherches, moi

je ne sais pas te chercher. […].........................


 


 

Pages 9 & 11


 

 



 

............................[...] E cos'è quel

lume della verità se tu ironizzi? Null'altro

che la povera pegna tu avesti dal mio cuore lacerato.

Io non sapro mai guardarti in faccia; quel che

desideravo dire se n'è andato per la finestra,

quel che tu eri era un altro battaglione che

io non so più guerrare; dunque quale nuova libertà

cerchi fra stancate parole? Non la suave tenerezza

di chi sta a casa ben ragguagliato dalle alte

mura e pensa a sé. Non la stancata oblivione

del gigante che sa di non poter rimare che entro

il cerchio chiuso dei suoi desolati conoscenti;

la luce è un premio di Dio, ed egli preferi vendersela

che vedersela sporcata dalle tue oblivionate mani.

Non so cosa dico, tu non sai cosa cerchi, io

non so cercarti. […].........................


 



 

Pages 8 & 10


 


 


 

*


 


 


 

............................[...] Et si confiante

je triomphe sur les peines, triomphante et pénitente

je poursuis le pardon tout entier, et que Dïeu permette

ma présomptueuse discordance d'avec les guides du

ciel perlé. […]..................................


 



 

Page 21


 


 


 


 

............................[...]E se sicura

trionfo su de le pene, trionfante e penitente

rincorro l'intero perdono, e che Iddio permetta

la mia presuntuosa discordanza con le guide del

cielo perlato. […].............................


 


 

 

Page 20


 


 

*


 


 



 

Si du sourire de tes lèvres extrêmes,

si du pli de tes lèvres molles et fondues,

s'éloignait une vérité, je t'appellerais de

loin, et du lointain te sourirais, semblable

à la brebis auprès d'un agneau mort. Si

de tes lèvres sortait la vérité, véritière je

t'appellerais à moi, véritière je m'éloignerais

de tes sinueuses ressouvenances, j'irais encore

voguer au loin; si de tes lèvres courbées sinueuses

répondait une autre vérité, je reposerais tranquille,

dans tes bras. Embrassé je l'avays tenu, et si

les molles franges de sa jeunesse ne se brisèrent pas

à mon étreinte, je n'en suis pas morte. Mais si embrassée

je l'avays, alors embrassée je l'avays dans une

agonie de vie qui s'éteint à chaque chant des

rues trop étroites. Et si embrassée je l'avoys

tenue contre les murs de mes mensonges, alors

embrassée je l'avays sans un sanglot d'amour.

[...]


 


 

 

Pages 43 & 45


 


 


 


 

Se dal sorriso delle tue estreme labbra,

se dalla piega delle tue labbra molli e fuse,

si allontanasse una verità, io ti chiamerei da

lontano, e dalle lontananze ti sorriderei, simile

ad una pecora vicino ad un agnello morto. Se

dalle tue labbra uscisse la verità, io veritiera

ti chiamerei a me, io veritiera m'allontanerei

dalle tue sinuose rimembranze, e salperei di

nuovo in lontananza; se dalle sinuose curve labbra

rispondesse un'altra verità, io riposerei tranquilla,

nelle tue braccia. Abbracciato io l'avea, e se

le molli frange de la sua gioventù non s'infransero

al mio abbracio, io non ne morii. Ma se abbracciata

io l'avea, allora abbracciata io l'avea in una

agonia di vita che si smorza ad ogni canto delle

strade troppo strette. E se abbracciata l'aveo

tenuta contro le mura de le mie bugie, allora

abbracciata io l'avea senza un singhiozzo d'amore.

[...]


 



 

Pages 42 & 44

 

 

Pour Rosselli, prendre voix, prendre place en tant que poète veut donc nécessairement dire bouleverser ce topos de la tradition lyrique qu'est l'adresse d'un « je » viril et solitaire à un « tu » féminin supposé lointain et inaccessible, en devenant et en s'adressant tour à tour à l'un et à l'autre. Le « je »  rossellien passe par de multiples métamorphoses, « chevalier » protagoniste d'une épique du dire poétique, alter ego d'une Esterina redimensionnée, amoureux / euse réprimandant ou priant sa propre Chimère, sirène, oracle, simple jeune fille furibonde et brisée. [...]


Page 64

Marie Fabre, extrait de la postface

La Libellule est de ces textes qui engagent une véritable expérience pour ceux qui le reçoivent, et c'est cette expérience qui est l'objet du partage à accomplir dans la lecture comme dans la traduction. [...]


Page 66

Marie Fabre, extrait de la postface

Amelia Rosselli  - LA LIBELLULE
Tag(s) : #Extraits - Ressentis de lectures, #Amelia Rosselli, #Poésie de langue italienne

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