Gerhard Richter's "Lesende", Oil on Linen, 1994, Collection SFMOCA

Gerhard Richter's "Lesende", Oil on Linen, 1994, Collection SFMOCA

 

 

 

 

 

Et c'est lisant les pas

que je fais ne fais pas

dans les frappes de la machine

à écrire tout ce qui fut

écrit déjà

que j'apprends à marcher

à écrire sans ivresse

Un peu de tout un peu de rien

pour cacher l'essentiel

cacher les yeux

qui n'intercèdent auprès d'aucun destin,

jamais

 

 

 

Marche! va sur les fêtes foraines

avec la mangue au bout des doigts

pour empêtrer tes gestes

Happe les lumières soudaines

Hopperiennes

Oublie qui, parfois,

qui on est à prier de la fée ou de l'apparition

charnelle d'elle,

qui dans la main si magicienne d'un instant

ferme subrepticement les paumes

sur l'éclosion du regard,

referme d'un bond la route

sur la foire d'empoigne

 

 

 

Des vacarmes de mots puis un piano qui appuie 

sur la mélancolie qui elle, ne lit pas

n'écrit rien que des martèlements de ventre

des pensées bohémiennes

qui prennent la carriole du lendemain

sans faire de faux pas

 

 

 

Et c'est lisant les pas

que je pleurai comme une enfant

qui a perdu son chat.

 

 

 

 

 

 

 

 

M.C. 15 juin 16

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Fragments & Carnets

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