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Marianne von Werefkin, Le Chiffonier,   1917, tempera sur Papier marouflé sur carton, Ascona,   Marianne Werefkin Foundation, Museo communale d’arte moderna  © Adagp, Paris 2011.

Marianne von Werefkin, Le Chiffonier, 1917, tempera sur Papier marouflé sur carton, Ascona, Marianne Werefkin Foundation, Museo communale d’arte moderna © Adagp, Paris 2011.

 

 

Marianne von Werefkin naît dans une famille d’aristocrates russes. Sa mère, peintre à ses heures, se charge de son éducation artistique. Leur déménagement vers Saint-Pétersbourg lui permet d'étudier  pendant dix années avec le peintre Ilia Repine. En 1888, sa main droite est déchirée dans un accident par balle et il lui faudra une volonté de fer pour reprendre le pinceau et le crayon. En 1892, elle rencontre Alexej Jawlensky, un jeune peintre sans le sou. Le couple s’installe à Munich. C'est là que Marianne tient vers 1900 un salon où elle reçoit la scène intellectuelle et bohème ; elle fonde une communauté artistique orientée sur le groupe romantique des Nazaréens, célèbre au début du 19e siècle, auquel Vassily Kandinsky se joindra.
 

Entre 1901 et 1905, elle rédige les “Lettres à un inconnu”, une sorte de journal intime sous la forme d'une correspondance avec une personne imaginaire. 

En 1909, elle est l’un des membres fondateurs, avec Alexej Jawlensky et Vassily Kandinsky, de la Nouvelle Association des artistes de Munich, en amont du groupe “Der Blaue Reiter” (Le Cavalier Bleu) formé en 1912. 

En 1920, Marianne von Werefkin et Alexej Jawlenski, qui se sont réfugiés en Suisse, se séparent ; elle restera à Ascona, un petit village de pêcheurs au bord du lac Majeur.

 

 

Marianne von Werefkin, "Lettres à un Inconnu",  Editions  Klincksieck, 2005.

Marianne von Werefkin, "Lettres à un Inconnu", Editions Klincksieck, 2005.

 

 

"Et je me souviens que là, là, très loin, un ciel immense et l’océan saluaient mon réveil. J’ai vu bien de belles choses dans ma vie. J’ai vu Venise dans la splendeur d’une nuit de printemps, saturée de lune jusqu’aux derniers replis de ses ruelles tortueuses, avec l’eau mystique de ses canaux, son ciel bleu, ses noires gondoles et ses feux et ses chants. J’ai vu l’Elbrouz (5630 m) à la première aube, tout blanc sur un ciel fantastique que traversait la longue queue d’un météore orange. J’ai vu le Kathec (5050 m dans la chaîne du Caucase) déchirer de sa cime les orages et apparaître immaculé dans la splendeur de ses neiges éclairées de lune. J’ai vu, dans la solitude de Guernesey, hurler l’océan sous l’œil rouge d’un phare, et j’ai vu la Mer Noire chatoyer au soleil, alors que les amandiers en fleurs mettaient sur le ciel leurs fines dentelles. J’ai vu le Brenner assoupi dans la neige et les riantes vallées de Géorgie s’étendre à mes pieds comme un tapis de verdure et de fleurs. J’ai vu à Amsterdam la glorieuse rentrée d’un transatlantique dans la joie d’une rade éclairée de mille feux. J’ai vu aussi la beauté infinie de nos campagnes russes où une âme semble vivre partout, charmant de sa voix. Et de toutes les beautés que j’ai vues, toutes senties et comprises, la plage modeste de Carteret m’est la plus chère, la plus suggestive : c’est là que j’ai aimé."

 

 

Marianne von Werefkin, Self-Portrait in a Sailor’s Blouse,1893, Museum of Modern Art, Ascona, Switzerland

Marianne von Werefkin, Self-Portrait in a Sailor’s Blouse,1893, Museum of Modern Art, Ascona, Switzerland

Autoportrait vers 1910 gouache sur papier, Städtische Galerie im Lenbachhaus, Munich

Autoportrait vers 1910 gouache sur papier, Städtische Galerie im Lenbachhaus, Munich

Tag(s) : #Marianne von Werefkin, #Expressionnisme, #Soleil noir

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