26 décembre

 

 

 

 

(Version II)

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est de l'amour et de la musique

 

 

 

Voici le chant, le lieu, où déposer la fureur afin qu'un psaume la désarme,

ou une peau

dont la beauté ovale fige les flots de paroles

Tu les as renversés au moment où ils s'élevaient

Car dans les pas qui hurlent tension insoutenable corps asséché 

dans la perte de vue

dans le regard frugal qui ne sait plus

où regarder où voir en son frissonnement 

en ce grand pleur profond qui vocifère son effondrement

sous chaque geste un pan de démission épie dernière goutte à l'effuse,

de la nature d'un possible qui prie depuis la nuit des temps.

 

 

 

Et soudain être sauvé par une nouvelle disposition des choses

une forme inconnue dans laquelle coule la parcelle sonore du geste

Furtive chevelure, un jardin

Glissé de mains tièdes, pardons diffus

Petites attentes, comme des rais solaires au travers

d'un voile diffractant les auréoles de l'âme sur le mur blanchâtre du matin

Le regard confie : il cherche toute possibilité de langage.

 

 

 

De même, entrer dans le son, pénétrer le silence, se faire absorber

au coeur de cette substance amoureuse, l'abbaye de nos pas, la carcasse divine

Une onde plus vaste plus éthérée que tout mot.

 

 

 

Entrer dans l'autre vie.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tu les as renversés au moment où ils s'élevaient

Augustin ThierryRécits mérovingiens, 1840, Tome 2, p. 111

 'Dernière réédition par Pierre RICHÉ, Bartillat, 2014.

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo :

my self : I am joking, Noëlle.

Tag(s) : #Le journal imaginaire

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