Estefania Penafiel Loaiza, Déclaration de flamme, 2011

Estefania Penafiel Loaiza, Déclaration de flamme, 2011

 

 

 

 

 

 

 

vaste, là, dire poème

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Tu la désires, elle te dépouille de toi. Cette faim, vaste jusqu'à ensevelir tes pas, fera vivre le mot qui n'est pas né encore. Sous ta peau, ce prélude d'une blancheur de nuit, tu écris au matin le poème possible. C'est alors une longue phrase faite de sons et d'abysses. Tu te sens comme un fragment d'Achille, aux aguets sur le lieu de l'atteinte, prête et inconnue de ton propre corps tissé d'accrocs, de chair et d'eau. Aux aguets sur les frontières entre l'illusion et la finitude. C'est dans ce tissu que tu plonges ta plume.

Dans les empires d'acier, tu ne trouves ni place ni force  où l'imaginaire vient à donner des ordres. Dans le lieu silencieux, dans le temps clandestin ,tu veux simplement dire que : tu la désires, elle te dépouille de toi.

Et si tu reconquiers, un soir, sous un dernier feu de Bengale, une infime parcelle de phrase sous la roche en désir, tu sauras peut-être, sur l'horizon épithélial de la mémoire, écrire l'oubli du poème.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Le journal imaginaire

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