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Coline Bruges-Renard, Ciel de plume,  2012, sérigraphie.

Coline Bruges-Renard, Ciel de plume, 2012, sérigraphie.

 

 

 

 

 

REVUE

DECHARGE N°166

 

Extraits

 

 

 

 

 

 

"C'est bien en revanche une qualité première du poème de Georges Bonnet que de savoir rendre présentes les plus humbles choses: " Tout y rencontre sa juste place", observait encore Pierre Dhainaut.

Vingt ans plus tard, les poèmes de Derrière un rideau d'ombres, dernièrement paru aux éditions Océanes, ne démentent pas le constat:

 

 

 

 

L'hiver venait à mourir

et tout était offert

de ce qu'on appelle la terre et le ciel

la mer et ses cantiques

ce qui n'est à personne

un peuple de graminées

à l'ancre d'un rocher

l'air cru l'effervescence

la lune sur les prés

dans un autre silence

 

 

"

 

 

Page 36 : sur, et avec Georges Bonnet, lecture de Claude Vercey.

 

 

 

 

*

 

 

 

 

"Le bonheur et l'amour -- ici il n'est pas question de savoir si on peut avoir l'un sans l'autre -- n'ont pas besoin de confort. Le confort signe leur déconfiture.

 

Une chose aussi extraordinaire que la parole -- sans laquelle rien n'existerait ! -- que chacun traîne impunément dans la boue de la conversation...

 

 

La vie, laisser fondre."

 

 

 

 

 

Jean-Pierre Georges, page 55.

 

 

 

*

 

 

"

Après le massacre

 

 

 

Le crépuscule désosse les montagnes

Sur la crête une femme - squelette

emmène les arbres

En bas dans le village l'herbe est noire

et étrange

De l'étrangeté encore plus noire

des maisons le cri d'un chant

Ou est-ce un oiseau

 

 

"

 

 

 

 

Gisela Hemau, page 69

 

 

 

 

*

 

"

 

Sanctuaire

 

 

 

CHAMP DES APPARITIONS

 

On ne les avait pas encore aperçus

notre désert était une voile blanche

où nul grand oiseau n'avait battu de l'aile

 

Une seule tache rouge dans un pli

et tout serait bu dans le sang de l'oiseau

et nous ne serions plus qu'une forme en pleurs

 

Mais un antique héron poudré de cendre

dans l'angle aveugle de cette aube absolue

retenait vive ton ombre au bout d'un fil

 

impuissant à paraître au creu de ton être

il allait et venait à pas de lumière

il cinglait loin du champ des apparitions

 

 

"

 

 

 

Tristan Félix, page 83.

 

 

 

*

 

"

 

Tisserande

 

 

 

 

TOUTE

blancheur a saisi

mon corps

Pompéienne adoubée de cendres,

je ne me tords plus contre la nuée,

ce que je ne peux comprendre,

je le rends à l'ancienne

qui file la blanche souvenance.

 

 

Ayant parcouru la moitié de ma vie,

j'ai renoncé au teint : la trame de mon histoire

s'est effilochée, chrysalide de désobéissance.

Laines pubiennes, folle crinière, ne racontez plus.

La blancheur est tôt venue, elle s'emparera

de mes os.

Blanche descend pour abolir, faire

silence.

 

 

J'ai ôté du métier ce que je fus,

celle que je serai.

 

 

"

 

 

 

 

Delfine Guy, La femme en Louve et autres poèmes, page 121.

Elle a publié longtemps sous le pseudonyme d'Andréa Taos, dont Décharge a publié Bleu de chauffe en 2011, dans la collection Polder

 

 

 

*

 

 

 

 

Riche revue que celle de Decharge, généreuse, et, dans ce n° 166, agrémentée d'oeuvres apaisantes de Coline Bruges-Renard.

 

Directeur de la publication : Jacques Morin, comité de rédaction : Claude Vercey, Alain Kewes, Jacmo.

 

Le numéro 167 sort en ce moment-même.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Passages en revues

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

REVUE 

FESTIVAL PERMANENT DES MOTS

 

 

n°6

 

 

Extraits

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ouverture

 

Bernard Noël

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Qui pleurait, quel bel ange filant

Danse doucement sous la fragile aurore adoucie ?

Par ces beaux jardins se risquent d'ocres oiseaux inconnus.

Traine un fol amant s'attardant.

Doux vent de miel se répand."

 

 

 

 

 

(Poème composé sous contrainte harmonique (explicitée avant le texte), méthode couramment utilisée par le musicien pour composer un morceau en hommage à une personne.)

 

 

 

 

 

 

 

*

 

 

 

 

 

Puits

 

Edith Masson

 

 

 

 

 

 

 

"pétale à pétale ce jour s'ouvre tu l'oublies la lumière te le dit

tu la trouves assise à ton réveil venue pendant que tu dormais

sa peau déjà s'use tu as trop dormi elle quitte le zénith

 

on t'a touché tu restes écoutant le voyage en dedans des pen-

sées ces dos de poissons dorment tu les caresses longtemps

dans la saison immobile

 

le matin brûle désormais tu t'en remémores la fraîcheur

c'était la main passée d'ombre à jour fraîche au front c'est au-

jourd'hui cuisant à pleine bouche un fort baiser"

 

 

 

 

 

*

 

 

 

 

Escale

 

Gérard Leyzieux

 

 

 

 

 

"Formes colorées d'air et d'espace

La voix résonne aux cloisons du regard

L'eau est là, elle aussi, qui se lamente

Le hâle, qui se laisse caresser, s'étale, s'étale, s'étale...

Aux pétales l'éclat du saltimbanque

Des mains, des corps, des mots, des idoles

Là où la vie s'arrête et laisse sa marque

Empreinte d'échos clairs de clameurs chamarrées

Un son qui s'apparente à la matière"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Passages en revues

 

 

 

 

 

 

 

REVUE 

FESTIVAL PERMANENT DES MOTS

 

 

n°5

 

 

Extraits

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ouverture

 

Serge Pey

 

 

 

 

 

"Pour vraiment lire un poème

il faut savoir effacer les pliures

des regards

de ceux qui l'ont lu avant nous

en le tordant"

 

 

 

 

*

 

 

 

 

Orfèvre

 

Guillaume Krempp

 

 

 

 

"Il y a des nuages passants par mes lèvres

Masque de brouillard pour mes mots de velours

Ils pleuvront sur tes pensées d'orfèvre

Souviens t'en, j'attends ton retour."

 

 

 

 

 

*

 

 

 

 

 

Second souffle

 

Georges Thiéry

 

 

 

 

 

"Le trouble et la déroute sur mes équinoxes
De guerre lasse je rends les textes, l'amour dont on me prive,
la parole qui affleure et sur les lignes se dresse
La confusion souveraine de mes détours de l'atour somptueux
des dernières voluptés
De la grâce qui partout me rend, puis se lisse le jour"
 
 
 
 
*
 
 
 
 
Ligne de fuite
 
Arnaud Georges
 
 
 
 
L'Art ne nous dévoile rien
 
 
"Le résultat de cet embrigadement de l'Art par la philosophie a une conséquence directe pour Schaeffer: nous sacralisons aujourd'hui l'oeuvre d'art et nous lui demandons de nous délivrer de la banalité quotidienne en nous ouvrant les portes de la réalité pure. Pour compléter Schaeffer, j'ajouterai que cette sacralisation n'a pas disparu avec le paradigme ouvert par Marcel Duchamp. L'art contemporain a liquidé la question de l'esthétique, mais a perpétué la fonction religieuse de l'Art et l'a même étendu à la personne de l'artiste. C'est dans ce contexte que les analyses de Wittgenstein prennent tout leur sens en nous permettant de nous recentrer sur l'oeuvre elle-même. En quel sens faut-il comprendre ce recentrement ? Pour Wittgenstein, il faut s'attacher au fonctionnement de l'oeuvre elle-même, à son harmonie interne.  Il faut par exemple en musique parler de l'interprétation correcte ou incorrecte d'un morceau. Le sentiment que procure une oeuvre d'art est secondaire pour le philosophe. " On pourrait en déduire que n'importe quel autre moyen de produire de tels sentiments nous ferait ce que fait la musique. A une telle explication, nous sommes tentés de répondre : c'est elle-même que la musique nous transmet", affirme Wittgenstein.
Pour lui, l'oeuvre d'art ne renvoie qu'à elle-même; on peut parler à son sujet d'autoréférence. L'oeuvre n'est plus le signe de l'être, mais est à elle-même son propre signe, comme si l'oeuvre jouissait d'un statut particulier. Certes, elle n'est plus au service d'une spéculation sur l'être, mais elle apparaît sous la description énigmatique de l'auteur comme une réalité métaphysique en soi. Ce qui, in fine, nous ramène au point de départ.
La question qu'on peut alors se poser est celle-ci: peut-on penser l'Art philosophiquement en dehors de toute référence ontologique, tout en conservant la puissance de fascination qu'il exerce sur la pensée ?"
 
 
 
 
*
 
 
 
 
Et pour clore cet éventail de courts extraits,
un brin d'humour en poésie
aussi :
 
 
 
Egos-centrés sauce ketchup
entrecôtes saignantes
 
Murielle Compère-Demarcy
 
 
 
 
"Femme-Sacrifice disparue
fruit défendu trop nu / pas pris
Amour intérimaire
contrat d'amour à durée
indéterminée
 
 
la roue libre au coeur des matrices
la roue libre au coeur des matrices
 
 
Femme-Sacrifice disparue
femme flexible / femme flexible
Flexibilité de l'osier / postures osées
liberté défendue
Amours tarifaires / à faire / satisfaire
fluctuations saisonnières"
 
 
 
 
*
 
 
 
 
Festival Permanent des Mots est une revue de belle texture, racée, soyeuse * -- FPM est aussi une revue numérique --, et l'on a vraiment plaisir à lire ces poésies et textes qui passent du pur joyau poétique à quelque brin d'humour, de certaine considération philosophique sensée à des poésies originales parfois hors normes. C'est en découvreur-explorateur de Poésie que Jean-Claude Goiri, le berger -- car je suis certaine qu'il ne souhaiterait pas qu'on le nomme rédacteur en chef -- avance, pour notre plus grand plaisir-sourire. Avec la complicité de Joë Fernandez, aux commandes photos & maquette. 
 
* et pas trop, trop épaisse, ce qui est carrément magique, par nos vies modernes.
 
 
 
 
 
 
 
 
PS : un train en retard, de revues à mettre à l'honneur ! comme la dernière Europe & les deux derniers Carnets d'Eucharis, pour ne citer qu'elles. A bientôt, donc...
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Passages en revues
Tag(s) : #Passages en revues, #Jean-Claude Goiri, #Décharge, #Festival Permanent des Mots

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