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Détail, Allan Ryan

Détail, Allan Ryan

 

 

 

 

Ô toi ma voix passive         L’ainsi l’ange en moi lave pleur

J’étais reçue dans mon silence avec ma nouvelle arme de patience recluse à la frugalité du soir    une mendiante et une femme assises devant des quartiers de pomme comme des reines devant leurs mets fabuleux    une femme vieillissante n’osant plus se voir dans le miroir et c’est bien hors de ce reflet que bat l’amour    Regarde la moire du soleil se coucher sur l’orangé dos volant des vautours qui me quittent    Vers la porte j’entends du monde noir qui dit encore : la guerre ! Et je ferme le battant lisant ces vers : Le tissu doré des Songes qui s’étendait sur la pâle aridité de la vie s’anéantit, et le monde paraît ce qu’il est réellement, un tombeau.¹

Ils me quittent. Je jette le tissu.

Au fond de cette prison dont la porte est entrouverte sur un silence neuf    ton chant a troué les secondes où j’étouffais le temps    car j’étais là crois-moi    manteau de mélodie te carapaçonnant    robe rouge aguicheuse aiguisant tes appâts    gants de velours magiques malhabiles à la fois   enrobant tes mains de maçonne    j’étais là sans que tu ne me voies    dans la première fraicheur applaudissante.

 

 

 

 

12 juillet

¹ Friedrich Schiller, Poésie de la vie, Traduction par X. Marmier.
Paris, Charpentier, 1854, pp. 180-181.

 

 

 

Tag(s) : #Le journal imaginaire

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