Détail : “Il mondo Novo”  Giandomenico Tiepolo

Détail : “Il mondo Novo” Giandomenico Tiepolo

 

 

 

 

« La grâce c’est de s’oublier »
 Georges Bernanos 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*

Rose Tiepolo  

Je n'ose

à peine le poser

dans l'oubli insidieux

Je marche avec mes yeux

sur le bord lumineux

du poème

Une fresque sonore

y résonne

dans la pleine pensée

qui m'étreint 

J"esquisse les ruelles

d'un port

d'avenir incertain

Chaque jour

j'y longe l'aurore

J'y détaille les portes

évasées vers l'oiseau

Rose Tiepolo

dans les venelles

obscures  -- Pourtant

un regard

me sauve

 

sans équivalence

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*

J'ai happé un grain

de sésame

sur la table en bois

C'était comme

un coup de folie

sec et craquant

N'as-tu pas remarqué

comme le fou se stupéfait

joyeusement

de l'infiniment petit

d'une chose

alors que l'infiniment grand

le terrasse

 

 

 

 

 

 

 

*

A moment donné

les faisceaux lumineux

prennent la parole

sur la scène

Ailleurs

la bougie veille

 

seule dans le noir

 

 

 

 

 

 

 

 

*

Je flotte dans

un espace sans lieu

sans heure

qui me murmure

l' ABSOLU est

TOUT

CE QUI EST PARDONNÉ

L'intelligence absout

comme les labours amendent la terre

 

 

 

 

 

*

Prendre l'épée ?

Faire un tweet ?

Anonymes contre le mal

dans la marche nuptiale

du peuple

et

de l'état de fait

Et le reporter,

absent

Il est au front

 

n'est-ce pas ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*

Littré: dans le Tome

A  --  le seul qui me soit

accordé --

 

des mots essentiels :

 amour

   absoudre

  amender

        âme

amitié

                 accablement

 

 

 

 

 

 

 

 

*

La nature seule est plus forte

qu'elle-même

Imagine

la jeune fille, une fleur

Vers elle la femme

jardine

Elle la soigne  La regarde

Tout enfle

S'épanouit

L'éclosion est proche

Elle sera ravissante

A moins qu'une tempête

vienne tout inonder

 

Tout emporter dans sa force

insondable

 

 

 

 

 

 

 

*

Un héro passe

connu inconnu

Courage et bonté à la main

lui survivent

et nourrissent 

chez autrui le voeu de quitter

la mascarade

Un trésor humain se découvre

Ménagez les dévoilements

– chers administrateurs --

avant toute catastrophe

Quand survient la violence

la parole de l'effroi se met

à l'oeuvre

Dommage qu'il en faille

semer

pour nous sentir faillibles

& inaliénables

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Je cite dans une de mes notes

 — qui est comme cachée mais en vérité qui est au cœur du livre, 

— cette pensée que je vous lis : « Je ne cèlerai pas la sorte d'enchantement

dans lequel me tient cette citation de Bernanos qui figure à la fin

du Journal d'un curé de campagne :

"Il est plus facile que l'on croit de se haïr. La grâce c'est de s'oublier.

Mais si tout orgueil était mort en nous, la grâce des grâces serait de s'aimer

humblement soi-même,

comme n'importe lequel des membres souffrants de Jésus-Christ." »"

 

 

 

Paul Ricoeur,

"Soi-même comme un autre", Seuil, 1990

 

 

 

 

 

 

 Giovanni Domenico Tiepolo (le père), " Saltimbanchi, Colombina e Pulcinella"

Giovanni Domenico Tiepolo (le père), " Saltimbanchi, Colombina e Pulcinella"

“Il mondo Novo”. Fresque de Giandomenico Tiepolo (le fils), Musée Ca’Rezzonico de Venise

“Il mondo Novo”. Fresque de Giandomenico Tiepolo (le fils), Musée Ca’Rezzonico de Venise

Tag(s) : #Tiepolo, #Paul Ricoeur, #Fragments & Carnets

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