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Antoine Wauters - Sylvia

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maintenant que vous êtes nus, feu au feu, en

la cendre la cendre, tu me viens par grâce, 

Sylvia. Arquée comme petite. Et tout ce que tu

parviens à saisir de moi, en moi, ou à toucher

entre les points jamais comblés du corps, et

que tu entends et qui s’écrit ou même s’essouffle,

considère-le comme la plus mince parcelle

encore, mon bruissement, la poussière.

 

 

 

p 11

 

 

 

 

 

Avec le lait, la bave, la boue de consolation –

ce qui parle –, tu me viens par Ariel, Sylvia. Ou

par, en l'espace de ma vie sans vous et à fleur

de tes mots, par ça que tu plantes, tu déverses,

tu jettes de toi en ma bouche – tes gouffres,

ton histoire de souffrance depuis petite fille

seule. Ariel comme écho à cela, comme voix

née en la mienne, d'une souffrance plus grande

que souffrance. Et je devais, Sylvia, ta langue

l'engloutir.

 

 

p 15

 

 

 

 

 

Par toi atteint au muscari, au museau, à

l'écorchure par où dire « Bouche, que tu pourris,

que tu pourris, mais tu me soignes ». En rêve

pourtant, Sylvia, de revenir d'écrire. Par toi

touché, saisi, par tes galops sonnants sonné,

démembré, remembré, et ce roulement

ironique de tes phrases qui m'avalent et me

refondent en un lieu où je rêve juste de ne

plus parler. Un artisan ? Oui. Un qui coupe

du bois ? Oui. Qui me coupe la langue.

 

 

 

p 25

 

 

 

 

 

Écrire dis-tu, mais à mi-mots, tout bas, pour

qu’entre nous quelque chose soit, quelque

chose reste qui, lui, ne mourra pas. Un lien.

Une mémoire. Fragile.

 

 

p 62

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extraits épars, ceuillis dans "Sylvia",

d'Antoine Wauters,

Collection Grands fonds, Cheyne éditeur, 2014 

  

 

 

 

 

 

 

Sylvia Plath

Sylvia Plath

Antoine Wauters - Sylvia
Tag(s) : #Extraits - Ressentis de lectures, #Antoine WAUTERS

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