Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Par Elliott ERWITT, In THE POLAROID BOOK, Taschen,  2013

Par Elliott ERWITT, In THE POLAROID BOOK, Taschen, 2013

 

 

 

 

 

 

 

Sonate n° 20 de Schubert

 

 

 

 

 

Sonate au polaroïd


 


 


 


 

A la nuit dérobée

 

il y a des sons si douloureux et beaux

qu'à leur seuil,   je ne divulgue

mes pas à personne.



 

Je les détachais hier de l'écorce des pins, des safran

coquillages, qui faisaient des

coupelles. Elles

 

recueillaient mon regard.


 

 

L'éloignement me ferme les yeux maintenant,   je quitte moi et non-moi

Mes pas sont des notes paisibles,   sombres,   dont le chant ne finit pas

 

Les ondées de discours s'écoulent dans la fosse des drames,   la sonate et l'eau ondoient,

elles,   à travers tous mes cailloux,   qu'elles érodent.

 

 

 

Détachées,   les peaux inutiles de l'esprit s'éveillant

rendent l'aphasie plus perceptible, et je dois garder mon sang

froid pour me taire justement

 

 

L'indomptable

 

prend les voiles rouges du désir

dans les gorges de lumière d'un profil

l'instant d'un polaroïd.

 

 

 

Dérobée par la nuit,   je garde les portes,    je les ouvre

quand le cours du temps veut passer.   Je veille sur la mélodie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Martine Cros

 


 


 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Fragments & Carnets

Partager cet article

Repost 0