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Jean-Pierre Duprey le magnifique

 

 

 

 

 

     Une écriture de feu et de sang que celle de ce poète; je découvre en ses mots une explosion poétique qui souffle loin la fadeur de certains jours, qui porte l'espérance de trouver, encore et toujours, un renouveau puissant dans la création.

 

 

 

 

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EXTRAITS

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     Il nous fallut longtemps pour découvrir qu'une ombre

de sang, contenue dans les yeux d'une statue de sel, avait

la couleur du sable du sablier.

 

 

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JOURNAL II

 

 

   ...Un coup a la tête fit disparaître en moi les traces de

cette nouvelle saison de l'éternité.

   Et déjà...  Et déjà...  Une joue faisait gonfler un vent

inusité.    Et mon ventre ridé contenait à lui seul 700 à

800 millions d'années dont aucune peine capitale n'aura

jamais la fin.

  Et quand tout fut consommé... consommé...

  Alors le corps éclata derrière ses vitres rouges, n'atten-

dant plus l'aube qui doit renouveler la teinte de mort verdie

où la mer trempe ses silences.

  Un oiseau revenu de très loin aborda la côte inconnue

dont le phare est à la pointe du soleil.

 

 

p.39

 

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UN SAFRAN DE MARS

 

 

   Le maître de l'Amour se maintient au carreau de lune.

Ses yeux, tirés du blanc, découvrent l'ombre de Ce-qui-

n'est-pas.

  "Donnez-nous, disait-on, ce qui manque à l'étincelle

pour faire du bois, ce qui manque à la rivière pour mouler

une forêt en feu ! "

  La machine de l'Amour battait la campagne, hâtait les

saisons. L'échelle de son ombre dépassait l'horizon.

   Il y est un soleil et quelques allumettes perdus dans la

boîte du vide...

   Une étoffe avec la chair de l'oeuf.

   Un grand rideau d'objets. Rien devant et tout APRES.

 

 

 

 

p.194

 

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3e NUIT

 

 

 

Tombeau, des années, fermé par les dents !

Dedans, les années aidant,

J'aggripais la pente, cherchant l'autre, l'aidant,

Remontant sa mémoire, injuste pour son corps,

Jusqu'à l'oiseau, impure infirmité d'efforts,

Aveugle dans les murs, le coeur aux pierrements,

Mais fort de toute la bouche qui me mange dedans.

 

 

p.206

 

 

 

3e JOUR

 

 

 

Dans ma tête, dans ma tête est la personne

Qui répond le plus au silence ;

Les mots viennent quand elle sonne

Sans que jamais bouge la balance.

 

Dans mon ciel est un corbeau

Aux ailes ouvertes de chaleur,

Derrière lui l'espace d'un caveau

Ferme une porte de voleur.

 

Et la caverne s'agrandit

Dans mes mains d'un peu d'une mer

Qui, penchée par-dessus bord, fuit,

Fuira toujours son vaisseau de terre.

 

Une main de verre la rejoint,

Dans ma fenêtre, lancée au galop

De toutes les plumes de son corbeau

Noirci de tout un pouvoir de chagrin.

 

 

p.207

 

 

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in:

 

Jean-Pierre DUPREY

 

Derrière son double

Oeuvres complètes

 

Préface d'André Breton

Edition de François Di Dio

 

nrf Poésie/Gallimard 

 

 

 

 

 

 

D'autres extraits plus tard...

 

 

 

 

Photo, in :

http://zazzetounmind.blogspot.fr/2012/04/jean-pierre-duprey-de-mains-et-de-lunes.html

Tag(s) : #Extraits - Ressentis de lectures

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